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Droit de la copropriété

Charges de copropriété impayées : les outils juridiques du syndic en 2024

Les charges impayées constituent le premier risque financier pour les syndicats de copropriétaires. Les outils de recouvrement dont disposent les syndics ont longtemps été jugés lourds et peu dissuasifs. La loi n° 2024-322 du 9 avril 2024, dite loi « Habitat dégradé », modifie en profondeur certains de ces équilibres.

Un contexte de tension croissante

Les charges de copropriété ont progressé d’environ 20 % depuis 2022 et d’environ 50 % en dix ans selon les baromètres sectoriels : le niveau moyen serait passé d’environ 1 886 € par an en 2021 à environ 2 259 € en 2024, sous l’effet conjoint de la hausse de l’énergie, des matériaux et des primes d’assurance. Dans ce contexte, les copropriétaires en difficulté se multiplient et les syndics sont en première ligne pour préserver l’équilibre budgétaire de l’immeuble.

Immeuble collectif et parties communes

Les charges impayées pèsent sur l’équilibre de la copropriété : le recouvrement et les nouveaux outils législatifs structurent désormais la réponse du syndic.

Saisie conservatoire : procédure sans jugement préalable

C’est l’une des mesures les plus commentées par les professionnels du syndic. La loi du 9 avril 2024 permet au syndic, dans les conditions prévues par le texte et ses décrets d’application, d’engager une saisie conservatoire sur les comptes du copropriétaire débiteur sans obtenir au préalable une décision de justice, lorsque la mise en demeure est restée infructueuse au-delà du délai légal, en principe trente jours. Jusqu’alors, l’obtention d’un titre exécutoire impliquait souvent plusieurs mois de procédure. Cette voie vise un effet dissuasif plus immédiat sur les débiteurs de mauvaise foi ; les modalités pratiques (formes, plafonds, coordination avec la banque) doivent être vérifiées au jour des actes.

Emprunt collectif : règles de vote assouplies

La loi assouplit également les conditions de vote d’un emprunt collectif pour financer des travaux : le recours à l’emprunt ne doit plus être adopté à l’unanimité et peut être voté à la majorité requise pour les travaux eux-mêmes. Un copropriétaire qui refuse de participer à l’emprunt dispose, selon les dispositions applicables, d’un délai pour notifier son refus et régler sa quote-part dans un délai déterminé, sans bénéficier des conditions du prêt collectif.

Réunion et gestion de copropriété

Information des occupants

La loi renforce l’obligation d’information des occupants et copropriétaires lorsque l’immeuble est concerné par des procédures de lutte contre l’habitat indigne. L’objectif est de limiter les situations où des locataires ignorent l’existence d’un arrêté de péril ou d’une mise en sécurité, avec des conséquences sur la sécurité des personnes et sur la mise en œuvre des travaux.

Fonds de travaux : extension prévue

Le texte anticipe aussi un élargissement de l’obligation de fonds de travaux aux plus petites copropriétés, avec une montée en charge progressive, à suivre sur les décrets et les échéances fixées par les pouvoirs publics. Ce mécanisme vise à constituer une réserve pour les dépenses d’entretien et de travaux sans multiplier les appels de fonds exceptionnels.

Le cabinet NEAU AVOCAT assiste syndics, syndicats de copropriétaires et copropriétaires dans les procédures de recouvrement de charges et dans les contestations d’assemblées générales ou actions en responsabilité. Pour toute question, utilisez la page Contact du site.

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